Originaires de Saint Léger en Yvelines, puis, partis d'Eu au XIème siècle avec Guillaume le Conquérant, plus de deux cents descendants Saint Leger venus des quatre points cardinaux s'y retrouvèrent le 13 Mai 2000. La ville d'EU, pavoisée aux différents drapeaux des nations qui s'y rassemblaient, s'était mise en quatre pour les accueillir. Des panneaux aux armes Saint Leger étaient accrochés aux grilles du château et alentours.
Dès 9 heures du matin, on s'affairait sur la place Guillaume le Conquérant, vers le château où l'accueil était prévu dans la salle du carrosse. La municipalité offrant un café aux arrivants, diverses instructions et un badge nominatif étaient remis aux participants inscrits. Ceux-ci portaient les armoiries familiales et la couleur de la branche à laquelle ils appartenaient : rouge pour les descendants de Maurice, bleu roi pour ceux d'Henry, bleu clair pour ceux de Paul, vert pour ceux d'Alice (quatre des six enfants de Justin de Saint Leger, dernier du nom en France, mort en 1891). Pour les branches britanniques, dont trois étaient représentées : la plus nombreuse celle d'Ulcombe et d'Afrique du Sud portait la couleur grenat, celle représentant la pairie de Doneraile portait la couleur orange et les héritiers de la branche du prix de course de chevaux fondé en 1776 - " le Saint Leger " - vert clair.
La bannière Saint Leger et deux oriflammes aux armes de la famille, " d'azur fretté d'argent au chef d'or ", trônaient dans le choeur de la superbe collégiale du XIIème siècle. A 10 heures on y pénétrait au son de la " ronde Saint Leger " jouée discrètement à l'orgue. Cet air très ancien, remis en vogue au XVème siècle, figure, arrangé par William Bird, sur le livre de musique pour virginal (ancêtre de l'épinette), d'Elisabeth 1ère d'Angleterre. Cette dernière descend d'ailleurs des Saint Leger par ses ancêtres Boleyn..
Madame la Comtesse de Paris, honorant cette journée de sa présence, avait pris place au premier rang. A ses côté se tenaient les notables de la municipalité, accompagnés des maires de communes normandes portant le nom Saint Leger.
La messe, célébrée à la mémoire de saint Leger (616-678), patron de la famille, débuta par l'extrait d'un poème du Xème siècle, en langue romane, relatant le martyr de ce célèbre évêque d'Autun.
Le Père de Mesmay, ami de la famille, officiait, assisté de deux jeunes de la 31ème génération Saint Leger. Il releva dans la liturgie, choisie et animée par différents membres de la famille, les témoignages de fidélité, charité, humilité et confiance en Dieu du saint, dont la famille avait à garder l'exemple.
De talentueux organistes et la belle voix d'une soprano donnaient à cette messe un éclat particulier.
En sortant au son éclatant de l'air Saint Leger joué aux grandes orgues, l'assemblée se dirigea vers la place Saint Laurent O'Toole, sur l'emplacement de l'ancienne abbaye ND d'Eu, détruite à la Révolution. Ce saint évêque de Dublin y termina ses jours en 1179, ayant à ses côtés Thomas de Saint Leger entré dans ce monastère dans les dernières années de son veuvage. Sur cet emplacement, une croix celte venue d'Irlande rappelle le souvenir de Laurent O'Toole, dont les cendres reposent dans la collégiale.
Un passage, contournant cette cathédrale, rejoint la place Guillaume le Conquérant. Symboliquement choisi pour être baptisé " Robert de Saint Leger, compagnon de Guillaume le Conquérant ", gravé dans la pierre à chacune de ses extrémités, ce passage fut inauguré par le Maire et son conseil, en retirant la bannière armoriée. Les maires des communes de Saint Leger sur Bresle et de Saint Leger aux Bois, ceints de leur écharpe, prenaient part à cette cérémonie. En effet, Saint Leger aux Bois, avec la Basse Forêt d'Eu, était la seigneurie principale tenue par les Saint Leger en Normandie au moment de la conquête de l'Angleterre.
Tout le monde se réunit ensuite au château, où le maire, Monsieur Gouet, adressa un discours de bienvenue dans cette ville historique qui venait de fêter son millénaire, depuis sa création par les premiers Comtes d'Eu. Il souligna la présence de la Comtesse de Paris, descendante directe des premiers comtes d'Eu. Très applaudi, le maire donnait la parole au baron de Saint Leger, chef actuel de la maison de Saint Leger, qui le remercia, rappelant, entre autres, que les Saint Leger étaient eux-mêmes descendants des Comtes d'Eu par le deuxième mariage de la dernière Comtesse d'Eu, Alice, avec Simon de Etchyngham, dont la fille Sibylle épousa Guillaume de Saint Leger de Wertlinges. On pourra lire par ailleurs le discours du Maire et celui du Baron de Saint Leger.
Un apéritif offert par la municipalité d'Eu, permit aux participants de faire connaissance. Beaucoup de photos furent prises pour immortaliser cette mémorable réunion ; les clichés exposés étaient proposes au choix le jour même.
Puis, on partit en voiture pour déjeuner au Pavillon de Joinville, une des dépendances construites dans le vaste domaine du château. Les places étaient prévues à table pour mélanger branches et nationalités, afin de favoriser les contacts.
La nombreuse postérité de l'ancêtre commun s'affichait sur un grand tableau généalogique reproduisant les 33 générations s'étalant sur dix siècles. Chacun put s'y repérer, quelques compléments y furent ajoutés.
Le beau temps étant de la partie, on eut plaisir à se promener en visitant sommairement l'intéressante cité d'Eu qui recèle plus de trésors qu'on ne pouvait en admirer ce jour là. Pendant ce temps, une fougueuse partie de sioule (ancêtre du foot et de rugby) se disputait entre les enfants encadrés par leurs jeunes parents
Certains d'entre eux durent regagner Paris le soir même, tandis que quelques dynamiques ménages organisaient au pied levé un dîner-barbecue dans une jolie ferme des environs. Cette initiative fut une réussite appréciée de tous pour clôturer cette journée dans la plus sympathique ambiance, où les relations amorcées se nouaient de façon détendue.
Notre seul regret fut que la réunion s'arrête là.
En effet, la Maison du Tourisme avait préparé un circuit dans la région, intégrant en particulier Saint Leger aux Bois. Le maire de ce village avait prévu de présenter aux membres de la famille l'ancienne tour du château familial, ainsi que l'église reconstruite au XVIème siècle par les Bailleul, premiers successeurs des St Leger, avec son clocher curieusement penché pour résister aux vents forts du plateau. Les exigences du retour ne permirent qu'à quelques uns de profiter de ce charmant accueil, agrémenté de champagne et toasts.
En s'éloignant à regret, chacun emportait un très agréable souvenir de cette attachante et hospitalière région, où tant de choses étaient encore à découvrir, mais on se promettait d'y revenir.....
Les étrangers, en particulier les britanniques, conquis (honni soit qui mal y pense !), demandent à renouveler ces retrouvailles dans les différents pays d'adoption, sans attendre 1000 ans, mais peut-être tous les 5 ans ? Les français approuvent en répondant courtoisement : " A vous de jouer, messieurs les anglais.!..... "
Nos ancêtres avaient le goût des expéditions aventureuses à la découverte de nouveaux continents , de nouveaux hommes, malgré les difficultés des déplacement d'alors. Leur dynamique esprit d'entreprise les a répandus dans le monde entier. Le confort casanier actuel nous offre avec trop de facilité des voyages sur écran de télévision et des communications e-mails, au détriment de l'irremplaçable contact humain.
Cependant, vive le progrès d'aujourd'hui, qui, grâce au site internet Saint Leger, nous a permis de découvrir et d'entrer en relation avec nos parents des cinq parties du monde, figurant sur notre arbre généalogique, mais encore inconnus. Tradition et modernisme se conjuguent pour une enrichissante ouverture aux autres, dont il faut cultiver la graine.