HISTOIRE RESUMEE DE LA FAMILLE DE SAINT LEGER

 

Avant-Propos

On étudie l’histoire de son pays.
Pourquoi, alors, ne pas s’intéresser aussi à celle des siens ?
de SAINT LEGER, baron - ANF - France, Angleterre, Irlande

Armes : "d'azur fretté d'argent au chef d'or" (début du 13ème siècle)
Supports : deux griffons d'or les ailes élevées
Cimier : un griffon or passant surmontant la couronne de pair
Devise : "Haut et Bon" et "Fidelis et Firma"

 

 

 

Origine géographique de la famille
Maison originaire de France, de la ville de Saint Leger en Yvelines, Ile de France, et du village de Saint Leger aux Bois, du comté d'Eu en Normandie,

 

 

De la conquête de l’Angleterre (1066) au 18ème siècle
Elle participe en 1066 à la conquête de l'Angleterre avec Robert de Saint Leger, "chevalier doré", compagnon de Guillaume le Conquérant et reçoit des fiefs importants dans les comtés de Kent, de Sussex et alentours.

Proches parents des comtes d'Eu, les Saint Leger sont dès cette époque, qualifiés de "grands barons", aussi bien en Angleterre qu'en Normandie avec la tenue du "Métier de Saint Leger" (basse forêt d'Eu).

Il existe plusieurs branches :

EN FRANCE
Celle de Saint Leger aux Bois, éteinte au 15ème siècle dans les familles de Bailleul puis de Mailly Haucourt ; son dernier représentant fut le Maréchal de Mailly, Duc d'Aucourt.
En 1794, il fut guillotiné et son château de Saint Leger incendié.

Celle dite "du Pays de Caux", s'illustre au 16ème siècle avec Jean de Saint Leger, Grand Prévôt et Lieutenant Général en Normandie ; elle s'éteint au 18ème siècle.

EN ANGLETERRE
Celle de Farlegh (Sussex) participe aux Croisades, aux révoltes des barons de 1217 et de 1264. Elle s'éteint en 1273, la maison de Beauchamp héritant des fiefs de Sir William de Saint Leger, tenant en chef.

Celle de Wertlinges (Sussex) et Offeley (Hertford) s’éteint en 1326, l'importante succession de Sir Johan de Saint Leger, tenant en chef, se transmet par le mariage de sa fille Isabelle aux lords Hoo et Hastings, pour finir chez les Boleyn et les reines Anne et Elisabeth 1ère.

Elle se poursuit cependant avec un cadet, William de Saint Leger, chevalier qui part à la conquête de l'Irlande en 1175, où il fonde la branche du Comté de Kilkenny.

La branche d'Ulcombe. Restée dans son fief d'Ulcombe jusqu'au milieu du 17ème siècle, elle s'illustre au 15ème siècle avec Sir Thomas Saint Leger, chevalier du Bain. Ambassadeur en France, il signe le traité de Picquigny avec Louis XI. Il épouse Anne Plantagenet, sœur des rois Edouard IV et Richard III, qui le décapite en 1483. Sa fille unique poursuit sa postérité avec les Ducs de Rutland.

Sir James Saint Leger d'Eggesford épouse Anne Butler, fille héritière du comte d'Ormond, l'une des plus grosses fortunes d'Angleterre, dont un siècle et demi plus tard, il ne restera rien.

Sir Anthony Saint Leger, chevalier de la Jarretière, 3 fois vice-roi d'Irlande, pacifie l'Irlande sous Henri VIII, Edward VI et Marie Tudor.

La stalle de Sir Anthony Saint Leger se trouve dans le choeur de la chapelle St George de Windsor.

Les Saint Leger de cette branche sont élevés à la pairie d'Irlande en 1703 comme barons Kilmaden et vicomtes Doneraile. Le 4ème vicomte disparu en 1769 sans héritier mâle, la pairie est recréée pour sa sœur, Elisabeth, épouse de Richard Aldworth, seigneur de Newmarket, dont le fils reprend le prénom, nom et armes des Saint Leger.

Le Major Général, Sir Anthony Saint Leger de Grangemellan, passionné des courses de chevaux, crée, le fameux prix Saint Leger, en 1776 dans le comté de Doncaster.

Parmi ses fils, deux célèbres dandys défrayent la chronique des cours de France et d'Angleterre. L'un, le "Handsome Jack", favori du Prince de Galles, futur George IV, est peint par Gainsborough (château de Windsor) et Reynolds (collection Rothschild à Waddesdon manor). L'autre Antoine Maurice, aussi séducteur que son frère, est présenté à la Cour de Louis XVI comme "Marquis de Saint Leger", titre de courtoisie non porté par la suite.

Actuellement la plupart des branches anglaises sont éteintes en ligne masculine, à l'exception d'un rameau cadet d'Ulcombe comptant des représentants en Angleterre et en Afrique du Sud.

Plusieurs subsistent en ligne féminine ayant repris le nom de Saint Leger avec autorisation de la couronne.

 

LES SAINT LEGER ET L’ IRLANDE
Plusieurs membres de la famille prennent une part importante à la conquête normande de l'Irlande (fin 12ème, début 13ème siècle).

Thomas Fitz Anthony de Saint Leger, reçoit en fief du roi Jean, le comté de Cork et la province de Desmond (85 fiefs de chevalerie). Il ne laisse pas de postérité mâle, mais quatre filles qui héritent ...

William de Saint Leger, issu de la branche de Wertlinge, est investi de grandes possessions (amplas possessiones) des rois Henri II et Jean dans les comtés de Kilkenny, de la Reine, de Westmeath, que ses descendants tiennent encore en partie à la fin du 17ème siècle.

Lui et son fils William, grands bienfaiteurs des abbayes de St Thomas de Dublin et de Duiske, fondent la branche du comté de Kilkenny, dont les chefs sont lords de Tullaghanbroge et de Shanboth, barons de Rosconnel, de Slewmargy, etc ...

Elle est élevée à la pairie d'Irlande comme barons d'Obargy au 14ème siècle.

Cette branche compte quatre évêques aux 13ème siècle, des sénéchaux du comté de Kilkenny au 14ème siècle, des vicomtes de la Croix de Kilkenny, un membre de la Confédération de Kilkenny en 1642. Catholique et fidèle aux Stuart, elle est dépossédée de ses biens par Cromwell vers 1650, puis par Guillaume III d'Orange après 1690.

C'est alors, qu'en 1695 deux enfants de cette branche (Antoine, 12 ans et Mathieu, quelques mois) se réfugient en France, auprès de leur oncle, Laurent de Saint Leger, officier aux gardes à cheval de Jacques II à St Germain. Officiers, ils se distinguent dans les brigades irlandaises.

Mathieu, capitaine de cavalerie dans l'armée du Prétendant, est tué à la bataille de Culloden (Ecosse) en 1746. La noblesse de son fils, Jean Bertin, est reconnue d'ancienne extraction par le Conseil d'Etat du roi, en 1783.

A chaque génération, ils seront chevaliers de St Louis jusqu'à la Restauration.

Le dernier, Louis Justin, reçoit de plus, des mains de Napoléon aux Invalides, la Légion d'Honneur ; cette dernière sera portée également par les générations suivantes.

 

Les Saint Leger sont plutôt des scientifiques. Beaucoup sont ingénieurs (Polytechnique, Mines, Centrale, etc ...).

Jean Maurice, élève de Monge, chercheur inventeur, achète en 1818 à Monsieur Vicat le brevet de fabrication du ciment que Georges III l'autorise à fabriquer et à commercialiser en Angleterre, mais plus ingénieur qu'homme d'affaires, il n'en retire aucun bénéfice ...

Son fils André Maurice, sorti second de Polytechnique, major des Mines, Ingénieur en chef au Corps Impérial des Mines, Directeur Général des machines à vapeur de la région parisienne, Conseiller Général de Seine inférieure, réunit une exceptionnelle collection de minéraux, dont la plus grande partie aboutit à l'Ecole des Mines d'Alès. La fortune de sa femme, Emilie Gonse, le rend propriétaire de vastes domaines en bordure de Seine, autour de Vernouillet où son fils unique Justin Maurice, polytechnicien lui aussi, maire de la commune, crée une belle propriété, résidence secondaire des Saint Leger parisiens pendant un peu moins d'un siècle.

Il s'intéresse à cette paroisse (plaque dans l'église qu'il a restaurée) où plusieurs membres de la famille sont inhumés.

Le seul Saint Leger qui restait en France en 1830 a, de nos jours, de nombreux descendants en ligne masculine.
Ils vivent en France, Angleterre, Ecosse, Irlande, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud, Argentine.
Ils représenteraient environ 500 personnes.

 

 

 

Bibliographie
Pour en savoir plus :

Ouvrage de Maurice et Bernard de Saint Leger : ‘’ Les Saint Leger à travers l’histoire’’ Préfacé par le baron Durye ( Secrétaire Général honoraire des Archives de France )

Ouvrage de Moya Frenz St Leger : ‘’ St Leger , the family and the race ‘’.

De nombreux autres ouvrages sont cités en référence dans ces livres.

Site dédié à
Jean Maurice de Saint Leger ( + Août 1944) : qui fut le premier à s’intéresser à l’histoire de la famille et effectua des recherches les plus sérieuses.

Et leur modestie dut-elle en pâtir, à Maurice et Bernard de Saint Leger (et leur entourage), qui consacrèrent tous leurs loisirs aux recherches et à la rédaction de l’ouvrage que vous connaissez tous.